jeudi, août 10, 2006

Bastille: Lettre aux médias

Mot publié dans le courrier des lecteurs (Libération du 5/6 Août)

« Je suis franco-libanaise vivant à Paris. Je suis comme des millions de Libanais, déchirée à la vue de mon pays à feu et à sang. Je ne suis ni fervente de l’intégrisme ni fervente de la violence armée, et je tenais à vous écrire ces quelques mots en espérant qu’ils paraitront dans l’espace qui vous semblera le plus juste.
Lorsque vous dites « la guerre d’Israël contre le Hezbollah », nous comprenons « la guerre d’Israël contre le Liban ». Lorsque vous dites « le droit d’Israël de se défendre », nous comprenons le « droit d’Israël de nous détruire ». Lorsque vous dites des « incursions israélienne », nous comprenons « l’occupation israélienne ». Quand vous dite « la destruction du Liban Sud », nous constatons « l’anéantissement du Liban entier ». Lorsque vous dites « des infrastructure du Hezbollah détruites », nous voyons étrangement notre pays en ruine. Lorsque vous dites « les chiites libanais », nous entendons « les libanais, chiites, sunnites, druzes et chrétiens ». Lorsque vous dites « 900 civils tués », nous représentons une nation entière en deuil. Lorsque vous décidez de tourner la page sur notre actualité, nous nous continuons à subir cette double violence : celle des armes et celle de l’absence de mots justes. Et, pendant que les Conventions de Genève sont oubliées, pendant que les membre de l’ONU sont en pourparlers, c’est encore une fois le Liban qui est sacrifié.